Guide pratique Niveau 3

Gérer l’héritage numérique d’un proche décédé

26 juin 2026 par

Quelqu'un que vous aimiez vient de partir. Parmi les choses que personne ne vous dit dans ces moments-là, il y a ceci : leurs comptes numériques continuent d'exister. Leur boîte mail reçoit toujours des emails. Leur profil Facebook peut recevoir des messages d'anniversaire automatiques en novembre. Leurs abonnements continuent d'être prélevés. Ce guide est là pour vous aider à gérer ça, à votre rythme, sans ajouter de pression à ce qui est déjà difficile.


Commencez par les urgences financières

Ce sont les seules choses réellement urgentes dans les premières semaines.

Les abonnements en cours Identifiez les prélèvements automatiques sur les relevés bancaires du défunt. Résiliez dans l'ordre de coût décroissant. Pour chaque service, vous aurez besoin de l'adresse email associée au compte et d'un acte de décès — la plupart des services acceptent de résilier sur présentation de ce document sans exiger l'accès au compte.

Les comptes bancaires en ligne Si le défunt utilisait une banque en ligne ou une néobanque (Boursorama, N26, Revolut…), les procédures de succession sont différentes des banques traditionnelles. Contactez chaque établissement par courrier recommandé avec une copie de l'acte de décès. Ils bloqueront le compte et vous indiqueront la procédure pour récupérer les avoirs dans le cadre de la succession.


Les comptes sur les réseaux sociaux

Facebook / Instagram (Meta) Meta propose deux options pour un compte de défunt : la transformation en profil commémoratif (le compte reste visible, les amis peuvent y laisser des messages, mais personne n'y accède) ou la suppression complète. La demande se fait sur facebook.com/help/1506822589577997 avec un justificatif du décès et de votre qualité de proche ou de représentant légal.

Si le défunt avait désigné un contact légataire, cette personne peut gérer le profil. Sinon, la demande de proche est la voie standard. Meta ne donne pas accès aux messages privés — même aux proches, même sur présentation d'un acte de décès. C'est une limite intentionnelle pour protéger les échanges privés du défunt.

Twitter / X Demande de désactivation du compte via le formulaire d'assistance, avec justificatif du décès. Twitter ne transforme pas les comptes en mémoriaux — il les supprime ou les désactive sur demande d'un proche.

LinkedIn Demande de suppression du profil via le formulaire d'assistance LinkedIn, avec acte de décès. Un profil LinkedIn de défunt qui reste actif peut créer des situations gênantes — des recruteurs qui contactent un compte dont personne ne surveille les messages, par exemple.


Les emails et les données stockées

Gmail Si le défunt avait activé le Gestionnaire de compte inactif Google, ses contacts désignés ont déjà été notifiés et ont accès selon ses instructions. Si ce n'était pas le cas, Google a une procédure de demande d'accès pour les proches — elle est longue et non garantie. Vous pouvez initier la procédure sur support.google.com/accounts/troubleshooter/6357590.

Google peut vous donner accès à certaines données du compte (photos, documents) dans le cadre d'une succession, mais pas systématiquement aux emails. La procédure exige des justificatifs de décès, de parenté, et parfois une décision judiciaire.

Apple (iCloud) Apple est particulièrement restrictif — l'accès aux données iCloud d'un défunt nécessite souvent une ordonnance du tribunal américain, même pour des proches directs. Depuis 2021, Apple a introduit la fonctionnalité "Contacts héritage" qui permet de désigner des personnes pouvant accéder au compte — mais seulement si le défunt l'avait activée de son vivant.


Les contenus que vous pouvez récupérer légalement

Les photos et vidéos stockées dans des clouds (Google Photos, iCloud, Dropbox) sont des biens qui font partie de la succession si vous pouvez y accéder. Les contenus créés par le défunt (textes, œuvres, créations) sont protégés par le droit d'auteur et entrent dans la succession. Vous héritez des droits moraux et patrimoniaux sur ces œuvres.

En pratique, l'accès dépend de la plateforme et des mots de passe disponibles. Si vous avez accès aux appareils du défunt (téléphone déverrouillé, ordinateur accessible), vous pouvez récupérer les photos et documents directement avant que les comptes cloud ne soient fermés.


Prendre le temps qu'il faut

Il n'y a pas d'urgence sur la plupart de ces démarches — sauf les abonnements qui continuent de prélever. Les profils sur les réseaux sociaux ne vont nulle part. La boîte email restera accessible (ou pas) dans les mêmes conditions dans 3 mois. Faites ce qui est nécessaire maintenant, et le reste à votre propre rythme.


À retenir
Urgence : abonnements en cours à résilier, banques en ligne à contacter
Facebook/Instagram : demandez le profil commémoratif ou la suppression avec acte de décès
Google : procédure d'accès pour les proches disponible, mais longue et non garantie
Apple : très restrictif sans préparation préalable du défunt

Note finale : gérer l'héritage numérique d'un proche, c'est faire face à une forme moderne de présence après l'absence. Ce n'est pas une tâche administrative comme les autres. Prenez soin de vous pendant ces démarches — et si certaines choses peuvent attendre, laissez-les attendre.

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Un guide à lire avant de laisser un portail administratif décider de votre humeur.

À garder sous la main

  • Relire les pièces demandées avant envoi.
  • Conserver une copie locale du dossier.
  • Nommer les fichiers clairement.