Comment obtenir une journée de télétravail exceptionnel pour enfant malade quand on n’a pas d’enfant, et que le télétravail a été supprimé

L’époque où il suffisait de tousser en visio pour déclencher trois jours de télétravail est révolue. Votre entreprise a désormais enterré cette option dans la fosse commune des “expériences COVID qu’on préfère oublier”, aux côtés du gel hydroalcoolique et des quiz Kahoots du vendredi.

Et pourtant, aujourd’hui, vous avez un besoin vital de rester chez vous. Pour travailler au calme. Pour attendre un colis. Pour pleurer un peu. Peu importe.

Un seul espoir : l’enfant malade. Même fictif.


Étape 1 : Créer une fiction crédible

Il vous faut :

  • Un prénom court et doux (Eli, Sacha, Zoé)
  • Une pathologie non spectaculaire mais incompatible avec l’école (gastro, fièvre, conjonctivite)
  • Un ton grave mais contenu : vous êtes inquiet mais digne.

“Salut, je t’écris pour te prévenir que je vais devoir garder Sacha aujourd’hui, il a passé la nuit à vomir. Je me connecte dès que possible.”

Variante Slack :

“Sacha malade. J’essaie de bosser depuis la maison aujourd’hui. Je te tiens au courant.”

Pro tip : ne donnez pas de détails. Plus vous en dites, plus vous devrez vous souvenir.


Étape 2 : Jouer le timing parfait

Prévenez :

  • Tôt le matin (entre 6h57 et 7h28) pour accentuer l’urgence.
  • Un jour avec peu de réunions ou une présence physique peu critique.
  • Pas le vendredi (trop suspect), ni un lundi de pont (trop évident).

Étape 3 : Aménager votre journée

Comme vous n’avez pas d’enfant à garder, vous pouvez vraiment travailler. Ce qui est une première dans ce type de configuration.

Mais n’en faites pas trop. Gardez quelques signes de désorganisation :

  • Ne répondez pas trop vite aux messages.
  • Dites “désolé, j’étais avec le petit” même si vous étiez sous la douche.
  • Coupez votre caméra à intervalles réguliers.

Étape 4 : Gérer les questions pièges

“Ah bon ? Je savais pas que t’avais un enfant !”

Réponse 1 (laconique) : “Je parle peu de ma vie perso au bureau.”

Réponse 2 (détournement) : “C’est compliqué.” (et vous regardez ailleurs, façon personnage mystérieux).

Ne jamais inventer de photos. Ne jamais dire qu’il a “trois ans”. Trop précis. Trop traçable.


Étape 5 : Sortir du mensonge, proprement

Le lendemain :

  • Renvoyez un message sobre : “Il va mieux, retour à l’école ce matin.”
  • Reprenez un rythme normal.
  • Ne reparlez jamais de Sacha. Sauf si on vous en reparle. (Et même là, souriez tristement.)

Note éthique (en tout petit)

Ce n’est pas un tuto pour encourager le mensonge. C’est un miroir tendu à une organisation du travail qui rend l’honnêteté inopérante. Si vous pouviez dire “j’ai besoin de souffler”, ce tuto n’existerait pas.