Comment déclarer plusieurs sources de revenus sans devenir fou (ni finir en garde à vue fiscale)

Préambule

Vous êtes salarié, mais aussi auto-entrepreneur à vos heures perdues. Peut-être même que vous louez un studio à Poitiers sur Airbnb (et ce n’est pas votre neveu qui l’habite, contrairement à ce que vous avez dit à la banque). Bref, vous avez plusieurs sources de revenus. Et le fisc vous le rappelle gentiment chaque printemps, en vous envoyant un formulaire 2042-C PRO qui semble avoir été conçu pour tester votre résistance mentale.

Voici un guide aussi pédagogique que possible, pour déclarer vos revenus multiples sans finir en sueur froide à 23h58 la veille de la clôture.


Étape 1 : Savoir ce que vous devez déclarer (oui, tout)

Commençons par l’inventaire :

  • Salaire : c’est la partie facile. En principe pré-remplie. Vérifiez quand même.
  • Auto-entreprise : BIC, BNC, prestations ou ventes ? Ce n’est que le début de vos questions.
  • Revenus locatifs : location vide ou meublée ? Régime micro ou réel ? Même les loyers de l’été dernier dans votre garage aménagé pour étudiants sont concernés.
  • Revenus exceptionnels : indemnité de rupture conventionnelle, droits d’auteur, primes de licenciement ?

Si vous avez touché un euro quelque part, le fisc veut le savoir. Surtout si vous pensiez pouvoir l’oublier.


Étape 2 : Se connecter sur impots.gouv.fr sans pleurer

  • Munissez-vous de vos identifiants (ou activez FranceConnect si vous avez oublié).
  • Accédez à votre espace particulier.
  • Lancez la déclaration en ligne. Respirez. Ce n’est que le début.

Étape 3 : Activer les bons formulaires annexes

C’est ici que tout bascule. En fonction de vos activités, vous devrez cocher des cases pour ajouter les bons formulaires :

  • 2042-C PRO : pour les revenus auto-entrepreneurs et assimilés.
  • 2044 : pour les revenus fonciers.
  • 2042 RICI : pour les réductions/crédits d’impôts (garde d’enfants, dons, travaux).

La logique veut que tout soit centralisé. La réalité veut que vous jongliez entre cinq annexes en espérant ne rien oublier.


Étape 4 : Remplir la 2042-C PRO (alias : le Boss de fin)

  • Chiffre d’affaires : entrez le total encaissé, pas ce que vous avez facturé.
  • Nature de l’activité : cochez BIC ou BNC selon votre cas.
  • Abattement automatique : le fisc appliquera un pourcentage de frais forfaitaires selon votre activité (71%, 50% ou 34%).

Attention :

  • Ne vous trompez pas de ligne.
  • Ne mettez pas des virgules là où il faut des points.
  • Ne déduisez rien vous-même si vous êtes au régime micro.

Étape 5 : Déclarer vos revenus locatifs (avec ou sans regrets)

Deux options principales :

  • Micro-foncier : si vos revenus sont inférieurs à 15 000 € annuels. Abattement de 30%, pas de détails demandés.
  • Régime réel : plus complexe, vous devez ventiler chaque charge (travaux, intérêts d’emprunt, assurances, taxe foncière…).

Et pour les meublés ? Bienvenue dans le LMNP. Avec d’autres formulaires. Et potentiellement une autre déclaration (la 2031). Oui.


Étape 6 : Croiser les doigts et valider

Après avoir tout relu, tout coché, tout enregistré… vous cliquez sur Valider.

Parfois, ça plante. Parfois, ça revient à la première page. Parfois, un message rouge vous dit que vous avez oublié un champ invisible.

Respirez. Reprenez. Sauvegardez à chaque étape. Et quand c’est enfin envoyé : faites une capture d’écran.


Étape 7 : S’armer pour l’an prochain

  • Créez un dossier Impôts 202X avec tous vos justificatifs.
  • Notez quelque part les montants déclarés cette année.
  • Gardez une copie PDF de la déclaration complète.
  • Et surtout, chaque fois que vous encaissez un revenu parallèle : notez-le tout de suite. Vous vous remercierez en mai prochain.

Conclusion

Déclarer ses revenus quand on mène plusieurs vies n’a rien d’évident. Mais ce n’est pas insurmontable. Le fisc ne vous veut pas (tout de suite) du mal. Il veut juste sa part.

Prenez-le comme un rite de passage. Une fois par an, vous faites l’inventaire de ce que vous avez gagné, de ce que vous avez entrepris, et de ce que vous devez.

Et si vraiment c’est trop, il reste toujours la solution du comptable. Ou du pote qui a fait une licence de droit et qui regrette encore de vous avoir aidé une fois.